Réplique à l'article du Journal l'Information du 12 novembre 2014

Réplique à l'article du Journal l'Information du 12 novembre 2014

"Un problème  exceptionnel qui requiert une solution exceptionnelle"

 Justement, M le maire, puisque la solution utilisée est considérée comme exceptionnelle comment se fait-il que vous n'avez pas convoqué vos citoyens à une réunion d'information portant  sur votre projet pilote si exceptionnel? N'est-ce pas pourtant votre devoir de premier magistrat de la municipalité de vous assurez de l'acceptabilité sociale de votre projet exceptionnel? Et puisqu'à la réunion du conseil municipale du 3 novembre 2014 vous avez avoué devant l'assemblée que vous n'aviez mandaté personne pour vous assurer de l'acceptabilité sociale de votre projet exceptionnel cela signifiait-il que vous preniez entièrement sur vos épaules l'acceptabilité sociale de ce  projet exceptionnel? Craigniez-vous en leur fournissant trop d'information à vos concitoyens que leurs réactions soient aussi exceptionnelles?
 
Vous avez raison, si vous aviez présenté clairement votre projet exceptionnel vous auriez eu droit à un tsunami de contestation mais vous auriez fait votre devoir le plus élémentaire et nos autorités supérieures en auraient pris acte et ce ne serait pas vous, votre conseil municipal et la population de Sainte-Luce qui en subiraient les affres pendant plusieurs années. Je le répète, si à l'Ouest du quai de Sainte-Flavie  les gens ont trouvé une solution avec un mur de conception allemande pourquoi les milliers de touristes de la Mitis et de la Neigette qui viennent sur la plage de l'Anse-aux-coques depuis des dizaines et des dizaines d'années n'auraient-ils pas mérité un peu d'égard c'est à dire une solution finalement moins exceptionnelle qui auraient évité le risque de  gâcher les efforts faits par notre industrie touristique depuis plusieurs dizaines d'années? 
 
Finalement après plusieurs tergiversations le chat sort du sac: la Recharge de la plage avec " gravier, sable et quelques galets" dixit le rapport Ropars est devenu "Rehaussement  de la plage  impliquant le recours d'un enrochement massif" Enfin je suis rassuré d'apprendre que mes yeux et ceux de mes concitoyens n'avaient pas la berlue puisque nous parlons enfin de la même affaire, un tas de roches qui n'a rien n'a voir avec la granulométrie étudiée à grands frais dans les bassins hydrauliques de Québec, étude dite OBLIGATOIRE au projet afin de connaître la calibration des matériaux à mettre en place.
 
On parle ensuite dans l'article qu'un "Ensablement est prévu le printemps prochain " en 2015. Du sable ou du gravier de 7 mm? Faut-il s'attendre encore une fois a une entourloupette de nos savants promoteurs car le mot "Ensablement" a été utilisé par la municipalité jusque dans son programme triennal des immobilisations  déposé il y a 11 mois en décembre 2013 où on parle d'ensablement de l'Anse-aux-coques pour 2014 avec un budget de 913 000$ alors que l'administration municipale était au fait depuis 2012 que le MSP avait donné un contrat à M Yann Ropars de Ropars Inc pour l'étude d'un projet de la Recharge (et non d'ensablement) de la plage. 
Où vont-ils prendre leur sable? Auraient-ils enfin trouvé un pic de sable dans la région? À titre d'information une personne de la Mitis m'a informé qu'il existait un banc de sable gris dans la région de Saint-Angèle. Et puis, savez-vous que depuis plusieurs années des barges de sable provenant de Forestville traversent le fleuve vis à vis Rimouski pour alimenter l'industrie du béton? Apparemment ils n'ont même pas besoin de le passer au tamis. C'est un sable probablement plutôt brun mais finalement ce n'est pas pire que le tas de roches qu'ils viennent de nous gratifier. Pourquoi attendent-ils au printemps 2015 pour étendre leur sable ? Eh bien s'ils l'avaient mis cet automne 2014 il y avait un risque  important qu'il n'y est plus de sable au printemps 2015. Le vrai test sera au printemps 2016 soit après que l'automne 2015 aura fini de lessiver le sable entre les roches.
 
On veut sauver le mur, mur qui lui a été édifié pour créer du stationnement afin d'y accommoder  des touristes, touristes qui viennent profiter de la plage et qui enrichissent les commerces touristiques de la municipalité. Si je comprends bien: plus de plage donc plus de touristes donc plus besoin de stationnements donc plus besoin de mur. Problème circulaire. Et  pas besoin d'un mur pour avoir une promenade. Avant la plage se rendait jusqu'au chemin et il n'y avait pas une telle dénivelée entre la plage et le chemin. Il suffit de regarder des photos des années 50-60 pour s'en convaincre. Il y avait des herbes marines qui stabilisaient tout ça tout comme on voit actuellement à la petite plage à l'Est du commerce Le Domaine de la Plage dans l'Anse de Sainte-Luce. Et ce petit bout de plage, partout où il y avait des herbes marines, a magnifiquement bien résistée aux différentes tempêtes de 2005, 2007 et 2010 mieux que bien des murs de protection mis par des propriétaires de chalets situés à l'Est de cette plage.  Et il y encore quelques terrains de libres au sud de la route ou dans la montagne qui pourraient être converti en stationnements. 
 
Problème exceptionnel et site exceptionnel. Pourquoi pas faire de l'Anse de Sainte-Luce un parc provincial comme à Parlee Beach au Nouveau Brunswick? Ah non j'oubliais, nous ici nous avons des problèmes tellement exceptionnels que les solutions trouvées à 14 kilomètres à l'Est de Sainte-Luce ne peuvent même pas être envisagées.
 
On nous dit que la solution de la recharge de plage est utilisée en Floride, Australie, France. Je veux bien croire que cette solution peut être envisagée ailleurs dans le monde mais je suis convaincu que les plages exceptionnelles de type stations balnéaires qui profitent d'un microclimat et qui sont fréquentées par des milliers de touristes pendant leurs saisons estivales ne subissent absolument pas un tel affront, que d'autres solutions sont envisagées et que si des galets sont rajoutés sur une telle plage c'est parce qu'il y avait déjà des galets à l'origine sur ces plages. Et on parle de galets, pas de roches.
 
Drôle d'argument que celui d'affirmer que les citoyens de Sainte-Luce seraient gagnants car ils pourraient "profiter de deux plages en une (le rehaussement faisant en sorte que la plage sera dorénavant accessible en tout temps, malgré les marées)" Il arrive durant l'été que des marées exceptionnellement hautes dans la journée chassent les touristes de la plage mais ce phénomène arrive surtout avec l'approche de l'automne. Cependant il est fort probable que ce phénomène arrive plus souvent à l'été 2015 car la masse d'eau montante bloquée par la recharge  se retrouvera nécessairement à l'Est de la recharge et l'inondera encore plus rapidement ce qui fera fuir encore plus rapidement les touristes. Cela dit, si le profile actuel de la recharge persiste et que la marrée montante cerne complètement la recharge au point que le mur à l'Est de la recharge est touché par l'eau alors la combinaison de la marrée haute et de la dénivelé de la recharge face à la mer risque d'augmenter considérablement les risques de noyade d'enfants. Life Gard demandé? Mais, en fait, il fut un temps en Gaspésie que les plages de galets étaient surtout fréquentées par des phoques ou des morues séchées. Alors Touristes 0 , phoques et morues séchées 2 ....surtout en été 2016.
 
J'ai donné dans ces textes au moins deux solutions possibles. Je veux ainsi démontrer qu'un comité de citoyens restera ouvert à toutes les solutions possibles avec ou sans mur suivant les ressources disponibles et la volonté consensuelle des gens.  Cela dit, on peut très bien conserver le mur actuel si on ensable adéquatement et massivement la plage tout en favorisant l'implantation de plantes marines en bordure de la plage.